L’Armée du salut combine les missions sociales et les missions spirituelles. L’histoire de cette fondation protestante d’origine anglaise remonte au XVIIIème siècle. Sylvie Laroche Armee du Salut, ancienne directrice, nous en parle.

Les origines de l’Armée du salut

Connaissez-vous l’histoire de l’Armée du Salut? C’est vers la fin du 19ᵉ siècle, au cours de la révolution industrielle, que l’armée du salut voit le jour. À cette époque, le pasteur méthodiste britannique William Booth (1829-1912) chérissait avec sa femme Catherine Booth, l’idée de propager la foi chrétienne dans la capitale britannique. Face à la grande pauvreté qui sévissait la population, ils décidèrent alors d’ajouter une seconde mission à savoir : porter secours aux plus démunis.

Le 2 juillet 1865, il réalisa ainsi son rêve d’apporter son aide matérielle et spirituelle à cette foule ouvrière qui s’entassait dans les quartiers les plus pauvres de l’est de Londres. “La East London Christian Mission (Mission Chrétienne de l’Est de Londres) vit alors le jour” indique Sylvie Laroche Armee du Salut. Le 7 août 1878, la mission chrétienne se transforma en « The Salvation Army » qui signifie littéralement « Armée du Salut ». Elle comptait en ce moment plus de 1000 bénévoles et évangélistes à travers toute l’Angleterre.

Une armée avec des codes et des valeurs

Devenue très vite populaire au sein de la population la plus défavorisée, l’Armée du Salut a pris soin de développer ses activités grâce notamment d’abord au premier souhait de son créateur qui était de propager la parole de Dieu dans le monde. Pour cela, elle s’est basée sur la mise en place d’une structure très organisée pour mener à bien les différentes missions.

L’impact du christianisme

Grâce à la puissance de l’Évangile, les voleurs, les sans abri, les filles de joie ainsi que les ivrognes furent parmi les premiers à se convertir au christianisme. Le pasteur faisant ainsi d’une pierre deux coups en parlant du royaume des Cieux tout en proposant des conditions de vie décentes aux indigents, aux personnes vulnérables et à celles vivant dans une précarité extrême.

Soup, Soap, Salvation

« Soupe, Savon, Salut. », telle était la devise de l’Armée du Salut. Cette devise reflétait la pensée profonde du William Booth d’apporter à ses hommes, femmes et enfants qui vivaient dans des conditions de vie extrêmement déplorables, de quoi vivre dignement. Ajouté à cette triple mission, une aspiration à la foi chrétienne.

Fondation et congrégation

Présente en France depuis 1981, l’Armée du Salut est composée de deux structures. Il y a d’un côté la Congrégation («Avec Dieu, avec l’autre, avec soi ») qui prend en charge la mission spirituelle. On distingue de l’autre côté, la Fondation avec pour devise : Secourir, Accompagner, Reconstruire. Cette dernière s’occupe du pôle social de l’organisation.

Une inspiration du modèle militaire

Pour accroître son efficacité, l’Armée du Salut s’est principalement basée sur la structure militaire pour définir le fonctionnement et l’organigramme de son organisation. Elle dispose donc d’une hiérarchie, des règlements intérieurs et d’une discipline de fer. L’organisation dispose même de son propre uniforme. Elle compte aujourd’hui des milliers de « soldats », des centaines de postes d’évangélisation et d’établissements sociaux tous au service de l’Évangile et de l’assistance des plus défavorisés dans le monde.

Sylvie Laroche Armee du Salut parle de la naissance de la fondation

“Avec le décret du 11 avril 2000, la fondation de l’armée de salut est reconnue d’utilité publique” explique Sylvie Laroche. Depuis 2000, ses interventions sont axées sur plusieurs domaines comme :

  • l’éducation des jeunes ;
  • l’accompagnement des personnes âgées et celles en manque d’autonomie ;
  • l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap et des personnes souffrant de déficit mental ;
  • et la réinsertion des hommes et femmes ainsi que de toutes les familles en situation d’exclusion.

La fondation Armee du Salut emploie aujourd’hui sur le territoire français, environ 2500 salariés et compte pas moins de 200 établissements et services d’action sociale. Elle fonctionne notamment grâce à ses donateurs et est habilitée à recevoir les legs et les dons de la population.