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Australie, Part II : Roadtrip West Coast

Australie, Part II : Roadtrip West Coast

Messagede Olivier » 31 Mar 2011, 16:39

Après avoir effectué tous les contrôles sur le van, fait le plein d’essence et quelques courses puis vérifié l’itinéraire sur la carte, nous étions prêt pour repartir à l’aventure. En ligne de mire nous avions le Karijini National Park où nous souhaitions poser nos valises quelques temps. 1600 kilomètres séparent la capitale de l’Australie Occidentale du Karijini et nous avions prévu plusieurs escales afin d’explorer les trésors naturels qu’offre la côte ouest australienne.

DESERT DES PINNACLES >>KALBARRI >> MONKEY MIA >> CORAL BAY >> EXMOUTH >> KARIJINI

Situé dans le parc national de Nambung, à 200 km au nord de Perth, les Pinnacles, sont des formations calcaires érigées, de tailles variées qui offrent, à chaque visiteur, l’illusion d’être au milieu d’un paysage lunaire. Les plus grandes pinacles peuvent atteindre quatre mètres de hauteur et s’apparentent en quelque sorte à des menhirs. Le spectacle est davantage grandiose quand les rayons du soleil levant viennent éclairer les roches et leur donner une couleur or. Pour ne pas en manquer une miette, nous nous étions réveillés aux aurores afin de contempler, les yeux grands ouverts, la beauté du lieu.

Après avoir dépassé Geraldton, sur la route nous menant à Kalbarri, le décor prenait de plus en plus l’aspect de l’Outback, l’arrière pays désertique et semi-aride. Les lignes droites interminables, avec en point d’horizon une brume de chaleur, sont les voies empruntées par les roadtrains, longs camions pouvant atteler jusqu’à quatre ou cinq remorques et atteindre la taille de 50 mètres de long. Munis de pare-buffle, les camions, lancés à vive allure, percutent sans broncher vaches, kangourous, dingos et émeus. Les cadavres d’animaux bordent les routes et font le bonheur des oiseaux charognards et autres renards. Parfois, il nous arrivait de ne pas croiser une seule voiture pendant plusieurs heures. Dans un tel environnement, la vigilance était de mise car les stations service (roadhouse) se font rares et nous craignions de tomber à sec au milieu de nul part.

En arrivant à Kalbarri, nous avions retrouvé la civilisation, l’Océan Indien et son merveilleux coucher de soleil. La petite ville côtière voit sa population atteindre les 10000 habitants en pleine saison touristique. Chaque matin, les gardes-côtes encadrent les touristes venus alimenter en poisson les pélicans sur la plage. La région est connue également pour son parc national. Sur les 1800 km² de superficie du parc, le fleuve Murchinson coule au milieu des gorges quand il n’est pas asséché. Certains endroits sont prisés pour les points de vue comme le « Nature's Window ». La plupart des panoramas sont à couper le souffle !

Avant d’atteindre Monkey Mia, nous avons bivouaqué à Shark Bay, le point le plus à l'ouest de toute l'Australie. La petite cité est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO ; la zone protégée comprend de nombreuses réserves dont la Réserve naturelle marine de Hammelin Pool qui abrite la plus grande variété de stromatolithes au monde. A certaines époques de l’année, les mouches sont omniprésentes dans la région et elles cherchent par tous les moyens de s’introduire dans la bouche, les oreilles, le coin des yeux…Heureusement que nous avions nos filets de protection sur la tête, ça nous a évité de « péter » un câble et avons pu apprécier la visite. Autre particularité, la présence de dugongs au large des côtes offre à Shark Bay un attrait touristique supplémentaire. A la tombée de la nuit, nous avions réservé auprès de l’office du tourisme un emplacement gratuit situé au bord de la mer. L’endroit était idéal pour contempler le superbe coucher de soleil et reprendre la route le lendemain en direction de Monkey Mia.

A Monkey Mia, le camping est obligatoire mais il présente l’avantage d’être placé face à l’océan. Chaque matin, une équipe de bénévoles et d’employés nourrissent les dauphins vivant dans la baie en toute liberté. Ce rituel quotidien est la véritable attraction de la petite station balnéaire. Son origine remonterait aux années 60 lorsqu’un pêcheur et sa femme avait pris l’habitude de donner aux cétacés des poissons quand ils rentraient au port. Les dauphins venaient alors régulièrement près de la plage et certains se prêtaient même au jeu en se laissant approcher de très près. Le bouche à oreille fit le reste et les visiteurs affluèrent de tout horizon. Dans les années 80, le gouvernement subventionna la création d’un centre et d’infrastructures permettant d’accueillir le public. Aujourd’hui, cet endroit est une destination prisée par les touristes. A notre arrivée, nous sommes allés nous baigner tout l’après-midi sans voir apparaître la moindre esquisse d’aileron à l’horizon. En parlant le soir avec deux frangins perpignanais, nous avons appris que les dauphins ont pour habitude de venir dans la baie le matin pour le déjeuner et qu’après ça, ils partent au large le restant de la journée. Certains soirs, il arrive toutefois qu’ils réapparaissent au coucher de soleil, non loin des embarcations de pêche avec l’espoir d’avoir quelques harengs à se mettre sous la dent. Eux-mêmes avaient eu la chance de les approcher de près ce jour là au crépuscule. Prenant note de leur conseil, nous avions décidé de tenter l’expérience avec l’espoir qu’un coup du destin jouerait en notre faveur. Le lendemain matin, nous avons assisté comme tous les touristes au « dolphin feeding » puis les dauphins sont partis au large comme à l’accoutumé. La belle surprise fut que les visiteurs partirent également et nous n’étions alors plus que quelques personnes à pouvoir jouir des eaux turquoises. Par chance, les dauphins avaient décidé de revenir dans la baie. Pendant que nous étions en train de nous baigner, certains en profiter pour passer juste à côté. Warren et Cathy, un couple de voyageurs bretons, partagèrent avec nous ce moment privilégié. Au coucher de soleil, à l’aide de palmes, nous avons même nagé avec le groupe entier. Il devait y en avoir pas loin de dix ! Un pur bonheur !

Après cette expérience inoubliable, il nous fallait remonter à bord de notre van et poursuivre notre itinéraire. Nous avions alors en tête de rejoindre Coral Bay puis Exmouth avant d’arriver au Karijini. En chemin, Carnarvon affichait le profil idéal de ville étape pour refaire le plein d’essence et de nourriture. Non loin de là, le site de Blowhole présentait de l’intérêt et nous avons fait le détour pour voir le spectacle. En bordure d’océan, quand la mer est agitée, les vagues viennent se fracasser contre les falaises qui, à travers leurs microfailles, laissent passer, en partie, l’eau. Le fort débit à la sortie de ce « conduit naturel » crée alors un jet très puissant semblable à un geyser. Ce jour là, nous avons eu droit à un magnifique coucher de soleil en guise d’accompagnement et à la pleine lune pour nous éclairer pendant le traditionnel repas « Thon-Maïs-Tomate-Pomme ».

1200 kilomètres avaient été effectué depuis Perth quand nous sommes arrivés à Coral Bay. Les massifs de coraux présents le long de la côte justifient le nom de ce village habité par une centaine d’âmes à l’année. Nous y sommes restés deux jours et la plupart du temps, nous étions dans les eaux claires avec le masque et le tuba. L’occasion était belle de tester mon nouvel appareil photo Waterproof ; comme modèles nous avions des poissons de toutes les couleurs, des raies et des tortues avec lesquels nous avons nagé. Pas mal comme session ! La seule ombre au tableau de ce superbe week-end fut le réveil surprise du Ranger en plein milieu de la nuit car nous étions stationnés dans une zone interdite. Nous avons donc dû trouver un autre endroit pour nous reposer avant de remettre les voiles vers Exmouth.

Au large de Coral Bay et d’Exmouth, le parc national maritime du Ningaloo permet de préserver la faune et la flore. C’est là que des centaines de requins baleines passent lors de leur migration chaque année. Considéré comme le plus gros poisson des océans et mers,
Il peut atteindre jusqu’à 18 mètres de long, pour une masse de 34 tonnes. Sa durée de vie peut aller jusqu’à 100 ans et il est facilement reconnaissable par sa livrée en damier. Inoffensif pour l'homme, il se nourrit que de planctons, d'algues et d'animaux microscopiques, qu'il absorbe grâce à sa large bouche. Plusieurs agences proposent leurs services pour aller nager avec les requins baleines. Nous avons donc démarché et négocié les tarifs : 300 dollars chacun pour une excursion à la journée. Un peu cher pour le budget d’un backpacker mais, avec le recul, nous n’avons pas regretté cette folie. La sensation de se retrouver tout près de ce colosse des mers est indescriptible. Nous avons eu la chance d’en voir quatre ce jour là et le plus grand d’entre eux mesurait environs 9 mètres.

A quelques kilomètres d’Exmouth, un autre trésor nous attendait avant de rejoindre le Karijini : le Cape Range National Park. Peuplé de wallabies à pattes noires, le parc est avant tout connu pour ses belles plages et ses nombreux spots de snorkeling. Turquoise Bay pour la baignade, Oyster Bay pour le plaisir des mirettes ! Nous avons eu la chance de voir à nouveau des requins de récif, des étoiles de mer, des tortues et des poissons exotiques. Difficile après un roadtrip comme celui-ci de redescendre sur Terre ! Pourtant, quelques jours après, nous étions au camping, prêts à entamer notre période d’essai et bien motivés à y rester !
"Le paradis n'est pas sur la terre, mais il y en a des morceaux. Il y a sur la terre un paradis brisé." Jules Renard

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